Tourisme : comment faire atterrir ses émissions de CO2 ?

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Rien de plus simple que de réserver en quelques clics un vol pour Berlin ou Lisbonne ou encore de programmer ses vacances aux antipodes. Pour autant, multiplier les escapades s’apparente de plus en plus à un plaisir coupable. L’aviation est en effet responsable de 2,5 à 3 % des émissions mondiales de CO2. Pas d’alternative à l’avion pour votre voyage de rêve ? Et si vous osiez la compensation carbone…

Homme regardant part le hublot d'un avion 3

Faites le bilan (carbone)

Il est des vols dont on peut se passer et d’autres qui sont tout simplement indispensables. Préférer le train à l’avion pour passer un week-end à Londres est à la portée de tous les Français. En revanche, sortir les rames pour rejoindre, depuis San Francisco, sa famille au Japon est un jusqu’au-boutisme aux allures de voyage sans retour. Dans ce dernier cas, il reste au voyageur éco-responsable une porte de salut : le calcul des émissions de son vol en vue de les compenser. 

L’un des sites les plus simples et parlants est celui de la fondation suisse myclimate. Son calculateur en ligne permet même de comparer l’empreinte carbone de son vol avec les émissions moyennes des Européens. Un exemple : le passager d’un Paris-San Francisco aller-retour émet 2,9 tonnes de CO2, soit près du tiers de la consommation carbone annuelle d’un Européen.

On ne compense jamais mieux que par soi-même

Pour compenser directement l’impact de vos vols, vous pouvez financer des associations luttant contre le dérèglement climatique. C’est ce que proposent les fondations Good Planet ou myclimate. Cette dernière propose ainsi de soutenir, à titre individuel, des projets internationaux : opérations de reboisement au Nicaragua ou en Suisse, amélioration de la performance énergétique au Kenya… Ainsi, pour viser la neutralité carbone, le voyageur d’un Paris-Tokyo devra investir 76 euros pour compenser les 3,2 tonnes de gaz à effet de serre générée. Et le voyageur d’un Berlin-Lisbonne aller-retour, 20 euros pour effacer les 830 kilos de CO2 émis par son trajet.

Autre option : financer la plantation d’arbres pour encourager la reforestation de la planète. Deux initiatives ont retenu notre attention, n’hésitez pas à faire vos propres recherches.

  • Reforest’Action par exemple propose d’acheter des arbres par kilo de CO2 émis. Un aller-retour Paris-New York émet 1,9 tonnes de CO2 nécessitant, pour être compensé, la plantation de 18 arbres. 
  • Rainforest Trust propose de faire un don pour protéger les espèces en danger et préserver les environnements naturels. La déforestation est en effet responsable, selon le GIEC, de 12 % des émissions mondiales de CO2, à cause des incendies.

Compenser n’est pas tromper

Aux côtés des initiatives individuelles, il est également possible, pour le voyageur éco-responsable, de choisir une compagnie aérienne engagée dans la compensation carbone de ses activités. En attendant la création de l’avion électrique, c’est à ce jour le seul moyen de contrebalancer l’empreinte carbone des vols de ligne. Bonne nouvelle : conscientes de l’urgence climatique, les compagnies multiplient les initiatives.

Au Royaume-Uni, British Airways s’est ainsi engagée à compenser l’intégralité des émissions de CO2 de tous ses vols intérieurs, et ce, depuis le 1er janvier 2020. Pour y parvenir, la compagnie investit dans des projets de protection des forêts primaires et de reforestation. Depuis 2019, Delta Airlines opère elle aussi ses premiers vols au bilan carbone neutre, grâce à l’utilisation de biocarburants (qui génèrent 60 % à 80 % d’émissions en moins) et aux crédits de compensation carbone. 

D’autres compagnies aériennes, à l’instar d’Air Canada, proposent aux voyageurs de soutenir des programmes triés sur le volet. Air France-KLM propose elle aussi à ses clients, au moment de l’achat de leurs billets, de « planter un arbre » en soutenant le projet Trip and Tree. Compter 18 arbres pour un Londres-New York aller-retour, par exemple. Combien coûte un arbre ? Les prix varient fortement d’un pays à l’autre : de 1 euro dans la vallée du fleuve Zio au Togo à 21 euros pour le planter dans une forêt jardinée dans l’Hérault (France). Une initiative loin d’être isolée puisque des compagnies comme Edelweiss Air, Lufthansa ou Swiss invitent également leurs passagers à compenser au moment de l’achat, confirmant ainsi que le switch du secteur aéronautique est amorcé !